Revue de presse

Exit Mag - JEAN RÉMI CHAIZE : ET LA TENDRESSE, BORDEL ?
Si vous aimez les mamans folles, les grands-mères assez seules pour finir par dire des horreurs pires que celles de Tatie Danielle, ou les egos surdimensionnés au point d’en être scato en présentant le JT, bienvenue dans l’univers de Jean-Rémi Chaize. Vu comme ça, on pourrait se dire qu’on va passer une heure avec le plus grand dépressif du café-théâtre en pleine opération vengeresse. C’est tout le contraire qui se passe. Là où d’autres s’adonnent à la vanne cynique, lui prend tout son temps pour installer les petites manies de ses personnages jusqu’à ce qu’ils nous deviennent familiers. Et là où d’autres se contenteraient d’une galerie de personnages en forme de tranches de vie naturalistes, lui se permet des échappées surréalistes, depuis une photo de François Hollande à la place de la Joconde jusqu’à une visite guidée en trois langues qui invente un nouveau volapuk international. Le tout sans le moindre artifice, même pour jouer les femmes – de loin les plus nombreuses. Simplement la force de l’incarnation.
Article de Maria Pacôme junior publié le 5 avril 2016

Sa voix de fumeuse inimitable à la Maria Pacôme en fait le candidat idéal, le mettant dans notre poche comme une bonne copine à peine il ouvre la bouche. Le supplice peut alors commencer, comme un rire qui vient conjurer la noirceur et la folie revenues des gouffres de la solitude. Avec une économie de jeu qui tient du grand savoir-faire, il envoie valser le mal être avec un show dont la classe et la précision restent une exception dans l’univers du café-théâtre. L’actrice diva ne manque pas de panache, comme la parodie scato du journal télévisé qui ramène l’exercice à ce qu’il est : une logorrhée narcissique. Même la grossièreté devient un exercice de vocabulaire qui le rend encore plus élégant et pudique. Mais surtout, son sens de l’excès névrotique n’a d’égal que la tendresse de l’incarnation. Jusqu’à se lancer dans une déclaration d’amour à tomber en fin de spectacle, passée par tous les mots des chanson de variété qui encombrent notre cœur de midinette. Comme le sien qui ne cesse de battre pour ses personnages. Un drôle de spectacle, unique, désarmant, aussi théâtral que décomplexé, tenu et totalement barré. On en redemande.
Article de Luc Hernandez publié le 5 avril 2016

Télérama TT
Un véritable ovni que ce trentenaire à la voix éraillée originaire de Lyon, auteur et interprète hors du commun d'On n'est pas des chiens, seul-en-scène bluffant présenté à La Nouvelle Seine. En pleine mode du stand-up, Jean-Rémi Chaize, comédien à la formation ultra-classique, préfère donner vie à des personnages plutôt que de céder à la punchline facile. Quelque part entre un Vincent Dedienne sous amphets et un épisode de Strip-tease, il livre une galerie de portraits à la fois touchants et subversifs, de la grand-mère qui radote à la caissière hystérique, en passant par la mère toxique. Humour féroce, plume précise, Jean-Rémi Chaize révèle les solitudes et les névroses comme personne. A chaque fois, verbe, geste et jeu font mouche, et nous, on rit de bon cœur.

Humour féroce et plume précise : le trentenaire à la voix éraillée fait mouche avec son spectacle actuellement joué à la Nouvelle Seine. A la question « Quelles sont vos références ? », il répond sans détour : « Karine Viard ! Elle a ce côté à la fois très populaire et cette classe folle ; elle peut tout jouer ! » En y réfléchissant bien, on pourrait dire la même chose de Jean-Rémi Chaize, trentenaire à la voix éraillée originaire de Lyon, auteur et interprète d’un seul-en-scène bluffant au titre évocateur : On n’est pas des chiens.
Entre Depardon et Strip-tease
Sur les planches, en pleine mode du stand-up, le comédien à la formation classique, passé par le conservatoire et l’ENSATT, préfère donner vie à des personnages, plutôt que de céder à la punchline facile. « J’ai commencé le théâtre à 10 ans, comme on fait du foot. J’ai toujours adoré me “travloter”, avoue-t-il en riant. Ce spectacle, c’était d’abord l’envie de jouer seul, ça me fascinait. » “Je ne veux pas finir comme un vieux con borné du théâtre public” Quelque part entre Depardon et Strip-tease, Jean-Rémi Chaize façonne de sa plume féroce et de son humour cinglant des portraits d’hommes et de femmes à la fois touchants, névrosés, mais toujours justes. Une grand-mère qui radote, une caissière hystérique, une mère toxique, à chaque fois, le verbe, le geste et le jeu (hors-norme) font mouche. S’il ne se considère pas humoriste, force est de constater qu’après un gros succès à Avignon en 2016 et une reprise à la Nouvelle Seine, le comédien restera un moment à Paris : « Ce spectacle, c’est mon bébé, j’ai dû l’assumer ; je ne pourrais plus faire sans. Et puis il m’aura appris que je ne veux pas finir comme un vieux con borné du théâtre public ! » Aucun risque là-dessus. 
Article de Rossana Di Vincenzo publié le 8 Novembre 2017 

Le Parisien - SPECTACLE À PARIS : JEAN-RÉMI CHAIZE, UN BIJOU D’HUMOUR GRINÇANT
On ne se tape pas sur les cuisses mais on savoure avec délectation son humour grinçant d’une grande finesse. Jean-Rémi Chaize n’est pas seulement un comique. Il est surtout un comédien au talent exceptionnel. Dans « On n’est pas des chiens », son seul en scène au texte précis et ciselé, l’acteur brosse une galerie de portraits sans complaisance, tous plus vrais que nature. Il y a la mamie du patelin paumé vêtue d’une blouse en synthétique qui pense à voix haute en épluchant ses légumes. Cette vraie commère façon Deschiens évoque notamment les tribulations de ses petits-enfants, « Jessicôô » et « Steveune ». Avec Chaize, on rit de bon cœur mais on rit jaune aussi. Qui n’a jamais rencontré cette copine dépressive qui bassine son amie cancéreuse sans une once d’empathie ? Le comédien est capable d’une grande férocité lorsqu’il se mue en mère toxique qui profère en souriant à sa gamine de 7 ans de véritables horreurs. Son imitation d’un vendeur au débit de TGV est une véritable prouesse. Mais Chaize sait aussi être délirant, en guide loufoque qui compare à la Joconde un portrait de François Hollande avec un accent espagnol à couper au couteau. Le spectacle n’oublie pas la tendresse, lorsque l’artiste tricote une longue et brillante ode aux femmes uniquement composée de paroles de tubes de la chanson populaire. Si vous restez à Paris cet été, ne ratez pas ce petit bijou.
Article de Bénédicte Agoudetsé publié le 3 juillet 2017 

Le Progrès - Réservez votre Chaize… Le spectacle qu’il ne faut pas rater !
Humour. Jean-Rémi Chaize invite sur la scène du Complexe du Rire une galerie de personnages, tous plus délirants les uns que les autres. Jubilatoire.
Parmi les énergumènes qu’il nous a été donné de voir sur différentes scènes de nos cafés-théâtres, Jean-Rémi Chaize occupe d’ores et déjà une place à part et de choix ! Son one-man-show, « On n’est pas des chiens », ferait presque aboyer de plaisir. Il y donne la parole à d’incroyables personnages, à la fois ancrés dans le réel et complètement décalés.
Ainsi, la grand-mère provinciale faisant sa liste de courses, qui sert de fil rouge au spectacle, donne l’impression d’habiter au coin de votre rue, tout en vous entraînant dans un univers absurde. Tout comme cette caissière saisie par le vertige des codes-barres et se mettant à perdre la raison sous nos yeux ébahis. Mais le summum du comique est atteint lorsque le comédien nous met en présence d’une mère sadique qui s’acharne sur sa fille obèse. On aurait presque honte de rire tant le sketch piétine le politiquement correct éducatif, mais c’est absolument irrésistible.
L’interprétation est juste, toujours subtile, même dans les moments de délire -et ils sont nombreux. Le texte est lui aussi impeccable, alternant savamment fous-rires et émotions d’un tout autre ordre.
On tient-là la révélation comique de cette rentrée.
Article de Nicolas Blondeau publié le 9 octobre 2015

Toutelaculture.com
« ON N’EST PAS DES CHIENS », UN SPECTACLE SANS MUSELIÈRE, DE ET PAR JEAN-RÉMI CHAIZE Rire jaune, rire sous cape, rire du bout des dents, rire aux éclats. Jean-Rémi Chaize, lauréat du prix Raymond Devos et du fonds SACD humour, maitrise à la perfection ce nuancier humoristique dans son seul en scène « On n’est pas des chiens ». Il y incarne des personnages aussi attachants qu’exécrables, tous en proie au vertige de l’existence et mus par le désir de parler.
On n’est pas des chiens n’est pas un spectacle ordinaire. Il étonne, émeut, fait rire, séduit. On y rencontre des personnages hauts en couleur, brillamment interprétés par Jean-Rémi Chaize, qui se livrent tour à tour à des monologues logorrhéiques – fuite de la pensée, souvent la plus inavouable. Tous parlent pour combler les silences intérieurs, colmater les vides et la commune solitude. Certains médisent ou calomnient pour mieux masquer leurs propres failles, d’autres parlent de tout et de rien et c’est un rien qui veut tout dire. De la mère sadique avec sa fille au présentateur JT salace en passant par le « Bourgeois malgré lui », les personnages ont tous une fêlure. Ils sont fissurés, blessés, détraqués. Mais malgré leur médiocrité et leur grande férocité, on se prend d’affection pour eux. Car l’acteur les incarne avec tendresse et sans jugement.
Servi par un jeu d’acteur subtil et précis, le texte est jalonné de belles trouvailles littéraires et stylistiques qui rappellent parfois le style Jarry ou Tardieu: ruptures de rythme, calembours, jeux sonores, figures de styles multiples. « Le choix du verbe, sa pauvreté ou sa richesse, la densité de la parole, son énergie, sont autant d’éléments qui racontent quelqu’un », écrit l’artiste. Chaque personnage se définit en effet par la singularité de son style. Ils parlent donc ils sont. Marier des mots qui ne s’étaient jamais côtoyés avant, pétrir, modeler la langue, revisiter les sens communs… Un travail auquel s’est livré Jean – Rémi Chaize avec beaucoup d’habileté.
On n’est pas des chiens n’est pas à proprement parler un One Man Show. On rit beaucoup, mais pas seulement. Il s’agit plutôt d’une création très originale (et c’est rare!) qui mêle les registres et les genres. En somme, une création qui casse les cloisons !
Article de Eloïse Bouchet publié le 5 novembre 2017 disponible sur Toutelaculture.com

Le Petit Bulletin Lyon
JEAN-RÉMI CHAIZE, UN HUMORISTE QUI A DU CHIEN
Il y a cette grand-mère qui commente les dernières actualités familiales avec l'indiscrétion mêlée de conservatisme d'une gazette d'avant-guerre. Il y a cette desperate housewife qui surveille l'alimentation de sa fille avec autant de zèle et d'inventivité qu'un tortionnaire. Il y a cette dépressive refoulée pour qui la moindre visite chez le médecin est une palpitante aventure sociale. Toutes les femmes de la vie moderne, en Jean-Rémi Chaize réunies, qui les interprète avec une espèce de frénésie queer d'autant plus irrésistible qu'elle est mue par un souci de clarté supérieur à la moyenne.
Et pour cause ! Le garçon vient du théâtre contemporain – il est passé par l'ENSATT avant qu'elle ne baptise ses promotions en l'honneur de dramaturges et metteurs en scène. L'écriture de son premier seul-en-scène, On n'est pas des chiens, s'en ressent elle aussi : sans temps mort – impressionnante analyse de La Joconde dans ce sabir franco-anglo-espagnol qu'on pensait l’apanage des gérants d'auberge de jeunesse – et ludique – la déclaration d'amour en forme de patchworks de standards de la variété qui clôt le spectacle ferait fondre le duo Oskar et Viktor – elle est à ces personnages aux névroses à la fois fichtrement saugrenues et terriblement familières ce que l'emet est aux golems.
En particulier ce trentenaire qui fait le point sur sa vie sentimentale et chimique façon JT, pivot d'un spectacle qui balaye tout le spectre chromatique du rire (jaune, noir, etc.) d'un geste aussi vif que précis.
Article de Benjamin Mialot publié le 6 octobre 2015